Dépistage du cancer, modèle de décision partagée !

contre cancer prostate

Il appert que la démarche de dépistage d'un cancer (prostate et sein particulièrement) doit être, c'est un concept à la mode, le fruit d'une décision médicale partagée. Car il est loin d'être acquis que le dépistage organisé réduise effectivement la mortalité, et il est trop rarement expliqué aux patients que le dépistage peut avoir des effets délétères sur leur qualité ou sur leur durée de vie.
Pour que l'information donnée aux patients soit aussi pertinente que possible, juste et loyale, il faudrait que médecin dispose de documents de synthèse susceptibles de l'aider dans cette démarche.

J'en ai trouvé deux : 
Un sur la Cochrane, pour le dépistage du cancer du sein
Un sur le site des Omnipraticiens du Québec, pour le dépistage du cancer de la prostate (Tableau page 54)

Je vous laisse découvrir ces deux documents, que j'ai, d'ores et déjà, enregistrés dans ma bibliographie personnelle et qui me serviront à discuter avec les patients.

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Maladies infectieuses en collectivité d’enfant

rougeole

Etes-vous certains de bien connaître, pour les 83 pathologies abordées dans ce guide édité par le Ministère de la santé :  le réservoir, la source et le mode de contamination, la durée d'incubation, l'importance et la durée de la contagiosité, les mesures à prendre en collectivité, les règles d'éviction et les mesures d'hygiène, la prévention à mettre en place ?

De l'angine à la verrue, en passant par la rougeole, la varicelle ou l'impétigo, la pédiculose ou la gastro-entérite, tout est résumé, clairement, dans ce document, sous formes de fiches d'une page, consultables en consultation :

Guide des conduites à tenir en cas de maladie transmissible dans une collectivité d'enfants

Bien que datées du 31 décembre 2010, les fiches ont été rédigées en 2003.

Ce document sera utile à tous les médecins généralistes, pédiatres et médecins de PMI. Il ne serait pas inutile que les responsables d'écoles et de crèches en prennent connaissance. Il tord le cou à certaines reçues : la varicelle, par exemple, n'implique pas une éviction scolaire obligatoire (la fréquentation de la collectivité à la phase aiguë, fébrile n'est pas souhaitable; inutile par conséquent de préconiser une éviction jusqu'à guérison de l'exanthème, qui pénaliserait gravement les parents qui travaillent.

Il me semble indispensable de garder cette URL dans les favoris de son navigateur !

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La médecine factuelle

EBM-1



Nos excellents confrères canadiens mettent en ligne la médecine factuelle (traduction française de l'Evidence Based Medicine).
Il s'agit du 1er numéro du 46e tome de la revue « Le Médecin » publiée par la fédération des médecins omnipraticiens du Québec. 


Plusieurs chapitres sont proposés :
- un test : êtes-vous un clinicien factuel ?
- L'information clinique au bout des doigts (comment répondre aux questions cliniques)
- Comment se servir des données probantes et comment faire un choix judicieux ((un petit guide de lecture critique)
- Une synthèse  : la médecin factuelle en 15 questions

Nous sommes là au cœur du thème de ce blogue.
Il m'a paru indispensable de vous signaler cette revue et de vous conseiller de la lire.

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Crampes et grossesse

Unknown

La consultation était chargée, en ce premier jour ouvrable de l'année. Cette jeune patiente, enceinte de 16 SA, nous consulte (moi et mon interne) pour des crampes nocturnes qu'elle qualifie d'atroces, et qui la laissent, dans la journée, avec des myalgies résiduelles gênantes. Elle a lu sur internet, que les crampes sont fréquentes chez les patientes enceintes et elle demande un traitement efficace à la jeune interne qui paraît un peu décontenancée. Comment accéder à de l'information pertinente sur ce sujet qui ne lui a pas été enseigné ?

La 1re idée a été de lancer le DReFC et de l'interroger avec le résultat de consultation CRAMPE MUSCULAIRE : le résultat tombe comme un couperet : aucune recommandation. Une recherche sur CISMeF, en cliquant sur le bouton [Biblio CISMeF] du DReFC, affiche 3 références, dont une suisse, traitant de la prise en charge des crampes idiopathiques des membres inférieurs. On y lit l'ignorance qui est nôtre de la physiopathologie des crampes (hors quelques étiologies rares), ainsi que quelques suggestions qui ne mangent pas de pain : hydratation, étirements, magnésium per os,  sans omettre le bon vieux traitement par la quinine, et ses effets adverses potentiels pesant lourd dans la balance bénéfices sur risques. Les niveaux de preuve de ces traitements rasent les pâquerettes qui n'en demandent pas tant...

La patiente a été rassurée sur la bénignité de la pathologie avant de repartir avec des conseils de bonne hydratation, et de quelques exercices d'étirement des gastrocnémiens. La suite de la recherche documentaire s'est effectuée le soir, à la veillée, une fois la salle d'attente vidée avec succès, à l'issue d'un travail opiniâtre, bien après le lever de la constellation d'Orion dans le ciel d'hiver !

La 2e idée a été d'interroger le DReFC avec le résultat de consultation GROSSESSE. Parmi la trentaine de recommandations proposées, deux semblent susceptibles de fournir une réponse à la question posée qui est je le rappelle : « quel traitement proposer à une femme enceinte pour diminuer la fréquence et l'intensité des crampes nocturnes ? » :
- Comment mieux informer les femmes enceintes (HAS - 2005);  un commande-F ou un CTRL-F (selon que l'on travaille avec Mac ou PC) et la frappe du mot crampe, lancent la recherche de ce mot au sein du document. Réponse en page 20, chapitre 8.9 : Les crampes sont fréquentes lors de la grossesse. La consommation d'aliments riches en magnésium (ils ne sont pas précisés) ou la supplémentation en lactate ou citrate de magnésium peut être efficace (grade B). S'agissant du niveau de preuve, nous sommes passés des pâquerettes aux roses trémières !
- Suivi de la grossesse. SSMG. 2008. Réponses page 49, dûment référencées : étirements réguliers des muscles suraux, et en cas d'échec, supplémentation en lactate ou nitrate de magnésium. (alors, nitrate ou citrate en sus du lactate ?) La quinine est, bien évidemment, contre-indiquée en cas de grossesse.

Ue autre idée a été d'interroger le CRAT dans la partie du site traitant de la prise en charge des pathologies chez la femme enceinte : hélas, CRAMPES ne fait pas partie des sujets traités. Nous passons donc notre chemin. L'idée était pourtant bonne !

La dernière recherche mise en œuvre le fut sur un site bien connu des lecteurs de ce blogue : TRIP DATABASE avec une requête de deux mots : CRAMPS PREGNANCY. La 5e référence est une analyse de la Cochrane ! Interventions for legs cramps in pregnancy. Elle date de 10 ans. Et n'apporte aucune information supplémentaire : les niveaux de preuve sont faibles. la moins mauvaise solution est donc de prescrire, en cas de mauvaise tolérance des crampes, une supplémentation de lactate ou de citrate de magnésium (pas trace de lactate...). Lire la synthèse Cochrane

En résumé, on étire les muscles, et en cas d'échec on prescrit du magnésium, en sachant le faible niveau de preuve de cette décision,et  en attendant patiemment... la délivrance, quelques semaines plus tard !

La nature, comme disait Pasteur, est le meilleur des médecins, qui guérit 70% des maladies et ne dit jamais du mal de ses confrères ! 

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